Origines de «Buenos Aires» et d’«Argentine»

Buenos Aires, ça veut bien dire Bons Airs non ? Pourquoi donc ? Ça sentait bon avant, dans les premières rues de la capitale ? On a appelé ce pays l’Argentine car il y a des mines d’argent ? Petit éclairage historique sur les origines de ces noms propres, et sur leurs symboles.

 

« Nuestra Señora Santa Maria del Buen Ayre »

Le colon espagnol Pedro de Mendoza fonda l’actuelle ville de Buenos Aires le 2 février 1536. Les premières fondations de la colonie furent établies près de San Telmo, précisément à l’actuel parc Lezama. Une statue à la gloire de Mendoza y est d’ailleurs présente. Il baptise alors la ville Nuestra Señora Santa Maria del Buen Ayre en référence à une célèbre légende de marins.

 

Une légende aux origines

En 1370, un navire marchand devant rejoindre Barcelone à la Sardaigne se fit surprendre sur son parcours par une féroce tempête. Les matelots se hâtèrent de décharger toute leur cargaison par-dessus bord, afin de maintenir la flottabilité du bateau, et survire. Alors qu’ils jetèrent une caisse dans les flots, l’intempérie se calma soudainement. Cette caisse fut la seule à ne pas couler, et elle suivit même l’embarcation jusqu’à sa destination. Une fois rendus à bon port, les marins ne purent l’ouvrir seuls. Ils l’amenèrent alors dans un couvent, pour trouver l’aide des prêtres locaux. Ils finirent ensemble par l’ouvrir, et trouvèrent à l’intérieur une image de Nuestra Señora de la Candelaria, avec dans sa main droite une bougie allumée. La représentation de la Sainte fut intronisée dans ce couvent, et renommée Madonna di Bonaria (en italien) ou Nuestra Señora del Buen Aire, Notre Dame de Bel Air.

 

Depuis, Nuestra Señora del Buen Aire devint la patronne de tous les marins, y compris de Pedro de Mendoza. C’est ainsi qu’après son long voyage sans encombres il la remercia et lui rendit hommage en baptisant sa colonie Nuestra Señora Santa Maria del Buen Ayre.

On comprend alors l’origine de l’héraldique de la ville, avec sa colombe représentant le Saint Esprit, veillant sur les navires et ses équipages.

 

 

« La Santísima Trinidad »

 

Seulement 5 ans après sa création, la colonie est ravagées par les Amérindiens en 1541, faisant fuir les Espagnols. Ceux-ci reviennent le 11 juin 1580 sous l’égide de Juan de Garay, qui fonde à nouveau une colonie, avec cette fois pour nom Santísima Trinidad y Puerto de Santa María del Buen Ayre.

 

L’héritage de cette appellation encore perceptible aujourd’hui est le drapeau de la cité. L’aigle noir couronné représente la colonisation espagnole, la croix rouge de Calatrava désigne l’évangélisation, et les quatre aiglons personnifient les quatre villes principales de l’époque: Santa Fe, La Trinidad (Buenos Aires), Corrientes, y Concepción del Bermejo.

 

« Capital Federal » puis « Ciudad Autónoma »

En 1880, la ville devient administrativement “fédéralisée”, gérée directement par le gouvernement national et non plus par la Province de Buenos Aires. On l’appelle alors Capital Federal, ou Cuidad de Buenos Aires.

Avec la réforme de 1994, la ville acquiert un statut autonome. Désormais, elle ne dépend plus du gouvernement central, mais elle s’administre seule. Elle possède son propre gouvernement, et applique sa propre Constitution. Elle adopte ainsi le nom officiel et définitif de Ciudad Autónoma de Buenos Aires (CABA). Il donc une éthymologiquement erroné de continuer à l’appeler Capital Federal !

 

« Argentine » !

Tout simplement, l’origine du nom du pays provient du métal tant convoité par les conquistadors espagnols, l’argent. Le terme apparaît pour la première fois sur une carte vénitienne de 1537, et provient de argentum en latin, se traduisant par plata en espagnol – d’où le nom du fleuve traversant la ville de Buenos Aires.

Les couleurs du drapeau blanc et céleste rappellent les habits de l’Immaculée Conception, représentation de la Vierge Marie « immaculée de tout péché », dont le bleu symbolise le ciel.

Provinces-Unies du Río de la Plata

 

La bannière fut dessinée par Manuel Belgrano (1770-1820), célébrissime homme politique et militaire argentin qui lutta pour l’indépendance du pays face à l’Espagne. Elle fut officiellement adoptée comme symbole des Provinces Unies du Rio de la Plata en 1816, mais n’incluait pas encore l’icône du soleil en son centre. C’est en 1818 que Juan Martín Pueyrredón (1777-1850) l’ajoute. Le “soleil de mai”, « soleil inca » ou encore le « soleil de la guerre » avec son visage humain représente Inti, le dieu céleste inca. La présence du soleil sur le drapeau réfère à la Révolution du 25 mai 1810, qui initia le processus d’indépendance de l’Argentine.

Argentine

 

 

Crédits photos : DR.
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